Offre de thèse

Combinaison alcool-cannabis chez le rat adolescent : Répercussion sur les capacités d’apprentissages et Mécanismes cellulaires pressentis

Période :   au

L’alcool et le cannabis font partie des drogues les plus souvent consommées par les jeunes et les effets de cette double consommation à l’adolescence sont peu connus alors que des effets additifs/synergiques ont été décrits chez l'adulte. Notre projet de thèse vise à étudier chez le rat les effets de la combinaison alcool-cannabis sur 1) les capacités d’apprentissage et de mémorisation ainsi que le mécanisme cellulaire impliqué à l'aide de tests comportementaux et d’enregistrements de la plasticité synaptique, et 2) sur la consommation d'alcool via des mesures comportementales et de libération de dopamine dans le noyau accumbens.

Description

L’alcool et le cannabis font partie des drogues les plus souvent consommées par les jeunes. La consommation simultanée de ces drogues est associée à des performances académiques réduites et à plus de détresse psychologique. Cependant, les effets de la consommation de ces drogues à l’adolescence sont peu connus alors que des effets additifs/synergiques ont été décrits chez les adultes. Les effets plaisants de l’alcool sont relayés en partie par l’activation des R-CB1 des endocannabinoïdes, aussi activés par le THC (Δ-9-tétrahydrocannabinol), principale molécule psychotrope du cannabis. Le cannabis contient aussi du cannabidiol (CBD) qui diminue les effets du THC sur les R-CB1 et aurait donc des effets protecteurs en bloquant à la fois les effets du THC et ceux de l’alcool mais par différents mécanismes (R-5-HT1A et TRPV1).
Notre unité, partenaire d’un projet clinique national qui vise à tester l’effet du CBD dans la réduction de la consommation d’alcool chez les patients alcoolodépendants, s’intéresse aussi à l’impact du binge drinking chez les jeunes sur les fonctions cognitives et sur la vulnérabilité à l’addiction et à la potentielle interaction avec le cannabis (et à la présence ou non de CBD). Le projet de thèse vise à étudier chez le rat les effets de la combinaison alcool-cannabis sur les capacités d’apprentissage et de mémorisation ainsi que le mécanisme cellulaire impliqué. L’effet de la teneur en CBD du cannabis sera étudié ainsi que l’effet propre du CBD. Le mécanisme cellulaire étudié est la plasticité synaptique bidirectionnelle (potentialisation synaptique à long terme et dépression à long terme) mesurée dans l’hippocampe, structure cérébrale jouant un rôle majeur dans la mémoire et dans le noyau accumbens, structure du circuit cérébral de la récompense jouant un rôle majeur dans l’addiction. La mémoire sera testée par le biais de la reconnaissance d’un nouvel objet. Le projet mesurera également les effets du cannabis sur la consommation d’alcool car il est possible qu’à l’adolescence le THC augmente les propriétés renforçantes de l’alcool. Pour démontrer l’interaction des 2 drogues nous mesurerons la libération de dopamine dans le noyau accumbens à l’aide de la voltamétrie cyclique rapide in vivo et nous utiliserons une approche pharmacologique pour identifier les mécanismes (blocage des R-CB1, TRPV1 ou 5-HT1A). Nous envisageons également de tester la piste neuroinflammatoire dans les effets combinés des drogues que nous testerons par approche pharmacologique.
Au point de vue comportemental, les animaux seront exposés à des administrations aigues et répétées des drogues séparément ou en combinaison, tout en mimant une exposition de type binge drinking concernant l’alcool. Ce projet de thèse permettra de mieux comprendre les effets de la polyconsommation alcool-cannabis à l’adolescence sur les aspects cognitifs et addictifs. Les résultats auront des retombées importantes en termes de connaissances pharmacologiques des effets néfastes de la polyconsommation et aussi en termes d’actions de prévention.
Les premiers résultats donnerons lieu au dépôt d’un projet ANR sur cette nouvelle thématique qui concerne encore le champ très peu exploré des effets de la combinaison de drogues à l’adolescence.

Profil recherché

-Avoir validé un Master de Neurosciences avec un stage en électrophysiologie in vitro
-De solides connaissances en Neurosciences et Neuropharmacologie sont obligatoires
-Des connaissances de neurobiologie concernant « mémoire et apprentissage » et les addictions aux drogues seront nécessairement un plus pour le candidat
-Des notions de comportement animal seront utiles au candidat

Employeur

Le laboratoire GRAP Groupe de Recherche sur l’Alcool et les Pharmacodépendances est une unité universitaire labellisée INSERM (UMR1247) de l’Université Picardie Jules Verne située à Amiens (80). Elle regroupe 6 enseignants-chercheurs en physiologie, pharmacologie, neurosciences, sciences du comportement animal, immunologie, 2 IR, 2 techniciens, mais aussi des cliniciens des champs de la psychiatrie et de l’hépatologie. Les techniques de mesures et méthodes proposées dans ce projet sont déjà utilisées au laboratoire (trois postes d’électrophysiologie in vitro, deux postes de voltamétrie cyclique, 20 cages d’auto-adminsitration) et sont associées à une plate forme d’analyse du comportement (anxiété, locomotion, préférence de place conditionnée..) et de biologie cellulaire (cytometre de flux, WB, RT-PCR etc..).

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